Vous avez entendu parler de « goujon » dans un projet de bricolage ou de mécanique et vous ne savez pas ce que c’est ? Vous vous demandez à quoi ça sert et comment ça se différencie d’une simple vis ou d’une tige filetée ?
Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir. Vous allez découvrir la définition exacte d’un goujon, ses différents types et leurs utilisations, et comment choisir le bon pour assembler vos pièces de manière solide et durable.
Qu’est-ce qu’un goujon exactement ? Définition et principe
Un goujon est une pièce de fixation, le plus souvent une tige filetée sur une partie ou sur toute sa longueur. Contrairement à une vis, il n’a pas de tête. Son but est de créer une liaison entre deux éléments sans être vissé directement dans la deuxième pièce.
Le principe est simple : une extrémité du goujon est fixée de manière permanente ou semi-permanente dans un premier élément, souvent dans un trou taraudé (un trou avec un filetage). Le second élément est ensuite placé par-dessus la partie saillante du goujon. Enfin, un écrou et souvent une rondelle viennent serrer et maintenir le tout en place.
L’avantage principal de cette technique est de pouvoir monter et démonter l’assemblage plusieurs fois sans abîmer le filetage de la pièce de base. C’est très utilisé en mécanique, par exemple pour fixer une culasse sur un bloc moteur, où des démontages fréquents sont nécessaires.
Les principaux types de goujons (Tableau récapitulatif)
Il existe plusieurs familles de goujons, chacune adaptée à une utilisation et à un mode de fixation spécifique. Le choix dépend du matériau, de la charge à supporter et de l’environnement.
Pour y voir plus clair, voici un tableau qui résume les principaux types de goujons et leurs applications courantes. Cet élément visuel vous aidera à identifier rapidement le bon modèle.
| Type de Goujon | Caractéristiques principales | Usages typiques | Méthode de fixation |
|---|---|---|---|
| Goujon vissé | Fileté aux deux extrémités, avec une partie lisse au centre. | Culasses de moteur, corps de pompe, joints mécaniques. | Vissage dans un trou taraudé. |
| Goujon soudé | Une extrémité à souder, l’autre filetée pour l’écrou. | Châssis de véhicules, construction métallique, structures industrielles. | Soudage (à l’arc, par résistance). |
| Goujon à sertir/riveter | Tête à river ou corps conçu pour être serti dans la tôle. | Tôlerie fine, carrosserie, boîtiers électroniques. | Rivetage ou sertissage avec une presse. |
| Goujon d’assemblage | Souvent avec un filetage bois d’un côté et métal de l’autre. | Montage de meubles en kit, ébénisterie. | Vissage + serrage avec un écrou excentrique. |
| Goujon d’ancrage | Comprend une bague d’expansion et un cône pour la fixation. | Fixation de charges lourdes dans le béton, la pierre, la brique. | Expansion de la bague par serrage de l’écrou. |
| Goujon de roue | Tête cannelée pour un maintien par friction, corps fileté. | Fixation des roues de voitures sur le moyeu. | Insertion en force (à la presse) dans le moyeu. |
Comment choisir le bon goujon pour votre projet ?
Le choix d’un goujon ne se fait pas au hasard. Plusieurs critères sont à prendre en compte pour garantir la sécurité et la durabilité de votre fixation. La fonction de l’assemblage et les contraintes qu’il subira sont le point de départ.
Le matériau du goujon
Le matériau est déterminant pour la résistance et la durabilité.
- Acier standard (classe 8.8, 10.9) : C’est le plus courant pour la mécanique générale. Il offre une bonne résistance à la traction.
- Acier inoxydable (inox A2, A4) : Indispensable en extérieur ou en milieu humide pour sa haute résistance à la corrosion. L’inox A4 est utilisé en milieu marin ou chloré.
- Acier haute résistance (classe 12.9) : Utilisé pour les applications soumises à de très fortes contraintes, comme les moteurs de compétition. Un acier haute résistance est crucial pour la sécurité.
- Laiton : Bon conducteur électrique et résistant à la corrosion, mais moins solide que l’acier. On le trouve en électronique ou en plomberie.
Le diamètre et la longueur
Ces deux dimensions sont directement liées à la performance de la fixation.
Le diamètre détermine la résistance à la traction et au cisaillement. Plus la charge est lourde, plus le diamètre doit être important. La longueur, quant à elle, doit être suffisante pour traverser la pièce à fixer, la rondelle, et permettre de visser complètement l’écrou.
L’environnement d’utilisation
L’endroit où sera placé le goujon influence directement le choix du matériau et du traitement de surface.
- Intérieur sec : Un acier standard zingué est souvent suffisant.
- Extérieur ou humide : L’acier inoxydable est fortement recommandé. Une alternative peut être l’acier galvanisé à chaud, qui offre une bonne protection.
- Milieu agressif (marin, chimique) : L’inox A4 (316L) ou un acier haute résistance corrosion sont obligatoires pour éviter une dégradation rapide.
- Contraintes sismiques : Pour la construction dans les zones à risque, il faut utiliser des goujons d’ancrage certifiés ETE (Évaluation Technique Européenne) pour leur comportement sous charge dynamique.
La nature du support
Le support dans lequel le goujon est fixé est un facteur clé, surtout pour les goujons d’ancrage.
Pour un goujon d’ancrage béton, il faut savoir si le support est en béton fissuré ou non fissuré. Les goujons pour béton fissuré sont conçus pour maintenir leur performance même si des micro-fissures apparaissent. Pour la brique creuse ou le parpaing, un scellement chimique avec une tige filetée est souvent plus adapté qu’un goujon à expansion.
La différence cruciale : Goujon vs. Vis vs. Boulon
On confond souvent ces trois éléments, mais leur fonctionnement est bien différent. Comprendre cette distinction est la base pour choisir la bonne technique de fixation.
- Le Goujon : C’est une tige filetée sans tête, fixée dans une première pièce. La deuxième pièce est assemblée par-dessus et serrée avec un écrou. Il sert de point d’ancrage fixe.
- La Vis : Elle possède une tête (hexagonale, cruciforme, etc.) et un corps entièrement ou partiellement fileté. Elle s’assemble directement dans un trou taraudé dans la pièce de base. Elle n’a pas besoin d’écrou pour fonctionner.
- Le Boulon : Ce n’est pas une pièce unique, mais l’ensemble d’une vis et d’un écrou. Le boulon traverse les deux (ou plus) pièces à assembler par des trous lisses et le serrage se fait en vissant l’écrou sur la vis.
FAQ – Questions fréquentes sur les goujons
Voici les réponses aux questions les plus courantes sur cet élément de fixation.
Pourquoi utiliser un goujon plutôt qu’une vis ?
On utilise un goujon quand on prévoit des démontages fréquents. En effet, visser et dévisser une vis à répétition dans un matériau tendre (comme l’aluminium) peut user et abîmer le filetage du trou. Avec un goujon, c’est l’écrou qui est manipulé, ce qui préserve le taraudage de la pièce principale.
Comment retirer un goujon cassé ?
Retirer un goujon cassé à ras est une opération délicate. La technique la plus courante est d’utiliser un extracteur de vis (aussi appelé « queue de cochon »). Il faut percer un petit trou au centre du goujon cassé, puis visser l’extracteur (qui a un pas de vis inversé) dedans. En tournant, il se bloque et dévisse le morceau cassé.
Quelle cheville pour un goujon d’ancrage ?
C’est une confusion fréquente. Le goujon d’ancrage n’a pas besoin de cheville. Il est sa propre cheville. Son principe repose sur une bague métallique qui s’écarte (s’expanse) à l’intérieur du trou dans le béton lorsque l’on serre l’écrou. C’est cette expansion qui assure la fixation.
Peut-on remplacer un goujon par une tige filetée ?
Non, ce n’est généralement pas une bonne idée. Une tige filetée standard est entièrement filetée et n’a pas les mêmes propriétés mécaniques. Un goujon, lui, a souvent une partie centrale lisse (non filetée) qui améliore sa résistance au cisaillement. De plus, les filetages aux extrémités peuvent être différents ou avoir des tolérances spécifiques pour garantir un montage précis. Utiliser une simple tige est un bricolage qui peut compromettre la solidité de l’assemblage.
